Interview de Patrice Cacoub – Hôpital de la Pitié-Salpêtrière

Patrice Cacoub

Patrice Cacoub

Le Professeur Patrice Cacoub est en charge du Département de Médecine Interne et Immunologie Clinique de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris. Il a répondu pour Médicaline Santé à nos questions

Bonjour Professeur Patrice Cacoub, pouvez-vous nous donner de notre avis si la relation patient-docteur a changé ces derniers années ? 

Cette relation patient-médecin est essentielle pour une prise en charge efficace et en toute confiance. Elle a , en apparence, beaucoup changé depuis que les patients ont un large accès via internet à des informations médicales très nombreuses. Toutefois, la quantité ne garantit pas la qualité ! Trop d’information peut « tuer » l’information. Et les informations, souvent très techniques, que l’on trouve sur de nombreux sites ne sont pas facilement compréhensibles ou bien interprétées par les patients. Le médecin garde donc toute sa place dans la chaîne des informations médicales notamment pour faire un décryptage clairement adapté au patient. D’autant que le médecin connait parfaitement le profil de son patient, son environnement professionnel/familial,  tous éléments cruciaux dans la démarche médicale. Enfin, il est plus aisé pour le patient d’avoir un contact face à face avec son médecin que via des sites impersonnels sur le web.

Pensez-vous que la télémédecine va se généraliser ? et qui va en bénéficier.

Le développement de la télémédecine est probable à moyen terme. Tout dépend de ce que l’on met sous ce vocable. En fait la télémédecine est déja présente dans de nombreuses activités médicales: transfert de données (résultats biologiques, imagerie scanner ou IRM…), avis par mail ou téléphone donnés à parti de dossiers transmis aux experts médicaux, contrôle à distance du bon fonctionnement des pace-makers …

Ce qui semble plus compliqué est la mise en place de véritables « consultations médicales à distance » visant à remplacer les consultations classiques « face à face ». Ce type de téléconsultation pourrait avoir un intérêt pour des personnes situées dans des déserts médicaux ou celles ayant de grandes difficultés de déplacement, en permettant de faire une sorte de pré-analyse du problème médical. Ainsi, on pourrait mieux flécher le type de prise en charge nécessaire et raccourcir les circuits de décision. Il restera alors encore deux obstacles à franchir: inventer un modèle économique viable pour ce type de télémédecine; définir un cadre juridique clair de responsabilité.

 

Plus d’information sur les tribunes de Patrice Cacoub sur son blog : www.patrice-cacoub.com